ASA garde d’enfant, une étourderie à Angers ?


Nous recevions mardi, sur la boite mail de la section Ville d’Angers / CCAS / Angers Loire Métropole, une nouvelle note de la direction sur les positions administratives post-confinement.

Cette note nous informait, entre autre, de la possibilité de garder son enfant quand l’école est fermée, la fameuse ASA garde d’enfant, et ce jusqu’à l’âge de… 13 ans !

Nous étions fort étonnés de cette limite d’âge quand toutes les informations, tant de notre ministre de tutelle Olivier Dussopt en personne, que de différentes associations d’employeurs et d’élus territoriaux, ainsi que d’institutions telle que la FNCDG mentionnent de manière constante une limite d’âge à 16 ans.

Devant ce qui ne pouvait être qu’une coquille, nous avons fait part, dans l’heure, de notre étonnement à la Direction Générale. Apparemment nos camarades des autres organisations syndicales ont également réagit à cette étourderie.

Hier matin, un mail nous informe que « la collectivité a décidé d’élargir la disposition jusqu’à l’âge de 16 ans« . Devant tant de générosité nous avons décidé de passer l’éponge sur ce qui ne devait être qu’une faute de frappe d’un agent surmené…

Il faudra quand même faire attention : déjà au début du confinement la même erreur, involontaire aussi sans doute, sur l’âge limite de l’ASA garde d’enfants avait été inscrite dans une note de l’administration… Jamais deux sans trois ?

 

Réouverture des bibliothèques le 11, une consigne irresponsable et fallacieuse

[Communiqué fédéral]

Le 28 avril, lors des annonces d’un premier ministre manifestement dépassé par la gestion du CO-VID-19, les bibliothécaires ont appris avec effarement que le gouvernement envisageait la réouverture des médiathèques dès le 11 mai. Alors qu’il interdisait par ailleurs les rassemblements de plus de 10 personnes en extérieur, il autorisait les enfants « volontaires » à se retrouver à 15 dans les classes. C’est dire le haut niveau d’improvisation de l’exécutif depuis le début de cette crise sanitaire !

Cette mesure a mis le feu aux poudres : alors que la quasi-totalité des établissements n’envisageait qu’une réouverture très partielle avec des services adaptés, cette décision vient à l’en-contre des réalités de terrain, d’usages des médiathèques et des avis élémentaires de prudence sanitaire.

Nous, bibliothécaires, ne pouvons que nous opposer fermement à cette consigne irresponsable et fallacieuse.

Nous restons profondément attaché.e.s aux différents publics et aux espaces de lecture et de vie dans lesquels nous les accueillons habituellement. Nous restons tout autant attaché.e.s à la valeur des collections que nous mettons à leur disposition. Nous ne nous satisfaisons aucunement du « tout numérique » imposé par la fermeture des bibliothèques, « tout numérique » qui exclut de nombreux.es usager.e.s. En l’état actuel du risque pandémique non maîtrisé, nous revendiquons le maintien de la fermeture aux publics des bibliothèques et médiathèques en France.

La reprise du travail dans les établissements ne peut se faire que de façon très progressive, sans ouverture aux publics et avec toutes les garanties de sécurité sanitaire et d’équipements de protection pour les personnels.

Face à la méconnaissance des réalités du terrain et à l’aveuglement de certain.e.s de nos dirigeant.e.s, la Fédération SUD CT rappelle :
• aux employeurs, l’obligation générale de maintien de la santé et de la sécurité en matière de protection de ses salarié.e.s (art. L 4121-1 du Code du Travail) ;
• qu’aucune méthode ne permet aujourd’hui d’assurer totalement la sécurité sanitaire des agent.e.s et des publics ;
• que les agent.e.s sont les meilleur.e.s connaisseur.e.s de leur travail et de son organisation.
C’est pourquoi, pour la « remise en service » des bibliothèques, nous revendiquons :
• aucune reprise de travail sans que les mesures de sécurité sanitaire soient mises en place, telles que des tests systématiques et répétés ;
• la mise à disposition de gants, de masques, de gel hydroalcoolique, de produits nettoyants pour les ouvrages, documents et matériels… en quantité suffisante ;
• aucune réouverture des bâtiments au public dans l’immédiat, mais plutôt la proposition d’autres services permettant l’accès aux collections, sans contact direct avec les usager.es ;
• des projets de réouverture à construire en concertation avec les équipes concernées en impliquant systématiquement tous.te.s les agent.e.s et leurs représentant.e.s ;
• et par conséquent la mobilisation des instances représentatives du personnel, tels les CHSCT et CT, pour l’élaboration et le suivi des plans de reprise d’activité ;
• les aménagements nécessaires à la mise en place des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale ;
• la garantie de la sécurité sanitaire des agent.e.s dans le traitement de la chaîne du livre et leur activité quotidienne ;
• la mise en oeuvre des plannings de rotation des agent.e.s pour tenir compte de l’augmentation de la fatigue liée au surcroît de vigilance ;
• faute de mieux, de privilégier le travail à distance avec le matériel adéquat ou de maintenir les agent.e.s en ASA en cas de fragilité ou de garde d’enfants ;
• une reprise progressive qui ne doit concerner que le nombre d’agent.e.s strictement nécessaire au fonctionnement des services proposés ;
• aucune augmentation des horaires de travail des personnels, ni aucun élargissement des horaires d’accès à la bibliothèque ;
• des aménagements qui permettent aux agent.e.s de se rendre sur leur lieu de travail dans les conditions de sécurité maximum ;
• des droits identiques, que ce soit en matière de protection de la santé ou de rémunération, pour tou.te.s les agent.e.s mobilisé.e.s, titulaires, contractuel.le.s et vacataires ;
• une vigilance particulière des collectivités sur les conditions de travail des intervenant.e.s exterieur.e.s, en conformité à la situation actuelle.

Sans la mise en place de ces conditions minimales de protection pour leur santé, la Fédération SUD CT rappelle aux agent.e.s qu’ils-elles peuvent exercer leur droit de retrait. En cas de refus, des préavis de grève ont été déposés. Les équipes auront toute latitude pour les employer afin de se faire entendre.

Dans un contexte de reprise de l’activité alors que la pandémie est loin d’être terminée, la réouverture des bibliothèques et autres lieux culturels, encouragée par Edouard Philippe est totale-ment irréaliste et irresponsable. Les bibliothécaires, dont on ne peut nier l’engagement en cette période de crise, ne comprennent pas cette urgence à rouvrir coûte que coûte les espaces des bibliothèques aux publics, comme avant le 16 mars. Cela ne peut se faire ni au prix de la santé des agent.e.s et des usager.es, ni pour redorer l’image de quelques politiques et élu.e.s, ni par excès d’autoritarisme !

Leur urgence n’est pas la nôtre !

Le 30 avril 2020.

https://sud-ct.org/spip.php?article296

Obligation déguisée de prendre des congés à la mairie d’Angers

Vous êtes cordialement invités à prendre cinq jours de congés. La note de la direction générale de la Ville d’Angers, Angers Loire Métropole et CCAS est dans le respect des obligations réglementaires. On ne vous oblige à rien, mais le ton est à la culpabilisation. Les consignes transmises par certains responsables de services dépassent l’entendement. En résumé, il est attendu que les agents précisent les cinq jours qu’ils souhaitent prendre pour ce vendredi 10 avril. L’obligation n’est même plus déguisée. L’obligation est là !

De quoi la direction générale et les directeurs de service ont-illes peur ? Que les agents filent toutes et tous en vacances à la fin du confinement ! A croire qu’illes sous-entendent que nous perdions toutes et tous le sens du service public en ces temps si particulier. La constat est d’autant plus triste quand nous connaissons l’investissement de toutes et tous pour continuer à mener leurs missions.

Nous pensons tout d’abord à celles et ceux qui au quotidien continuent de collecter les ordures, maintenir en condition opérationnelle les réseaux d’eaux et d’assainissement, faire le portage à domicile des repas, l’accueil des usagers au CCAS, des enfants de soignants, etc. La liste est longue des agents qui s’investissent chaque jour. Nous avons une pensée toute particulière pour nos collègues des Ehpad. Puis nous avons aussi tous ces agents, qui sans activité, se sont proposés pour aller aider là où illes le pouvaient. Ces agents qui depuis chez eux continuent de (télé)travailler malgré des conditions dégradées. Nous avons aussi ces agents proposant de reprendre du service et qui s’organisent entre elles et eux pour se répartir les temps de travail. La situation actuelle appelle plus que jamais à la solidarité. Les agents de nos collectivités ont su prouver la leur en s’investissant pour assurer la continuité du service public.

En guise de remerciement, nous sommes incités, pour ne pas dire obligés, à prendre cinq jours de congés. Ce n’est pas comme si la très grande majorité avait déjà pris ou
eut l’intention de prendre ces cinq jours de congés pendant la période de confinement. En pleine pandémie, nous aurions plutôt attendu que la direction générale fasse aussi elle preuve de solidarité et apporte son soutien plein et entier aux agents de nos collectivités.

SUD CT 49
Section Ville et CCAS d’Angers / ALM

Voir la fiche technique de notre fédération : Peut-on m’imposer des jours de congés ? [spoiler : non]