Travailler toutes et tous, travailler mieux, travailler moins !

Travailler toutes et tous ! Mais en fonction de ses capacités, en fonction de ses besoins. Que certain·es puisse croire qu’on peut vivre extrait et en marge de la société est une chimère. Dangereuse qui plus est. Nous sommes des animaux sociaux qui avons besoin de la relation et de l’aide de l’autre pour vivre.  L’évolution de l’Humanité est basée sur la Coopération, la Solidarité et l’Entraide quoiqu’en dise et affirme les ultra-libéraux. Et non pas sur le chacun·e pour soi. Travailler tou·tes c’est aussi dans notre société capitaliste libérale, des revendications que l’on peut porter ou réfléchir au quotidien : le salaire horaire unique (celles et ceux qui veulent plus, bossent plus… mais dans les limites légales !) ; le partage des primes voire même un système inversé de la valeur des primes avec un coefficient plus fort pour les plus bas salaires, pour les plus précaires ; idem pour une augmentation du régime indemnitaire pour les bas salaires.

Notons que sur l’enjeu des primes à moyen terme, notre syndicat est contre ! Pleinement contre, puisque ces primes habituent à l’individualisation des bonus, du salaire au lieu de se projeter dans le collectif. En effet, se projeter sur un temps plus long que l’immédiateté de ce qu’il ne faut pas perdre ou ne pas se prendre dans la gu#*le, permet aussi de réfléchir à comment essayer de contrôler son travail, comment y arriver ou tenter. Il faut bien l’avouer, cette réflexion collective sur l’avenir est de moins en moins présente dans le syndicalisme.

Travailler mieux ! Travailler mieux, plutôt que de supprimer le rôle des CHSCT, c’est renforcer leur rôle ; donner plus de temps aux agent·es élu·es pour pouvoir mieux préparer. C’est aussi pourquoi pas désigner par le collège des collègues dans chaque lieu de travail collectif une personne référente -autre que le responsable hiérarchique- une personne chargée de proposer, de suivre la protection des salarié·es. Avec des idées émanant du collectif et des individus. Avec, pourquoi pas, un temps dévolu à cette tâche. Mais cette protection ne devrait-elle pas être étendue à l’environnement ? Il serait tellement plus simple de construire à la base des propositions plus simples, plus écologiques, moins polluantes, plus réalistes en partant de la base plutôt que d’attendre des solutions théoriques venant de DGS ou d’élu·es parfois là par hasard. Interchangeable. Qui mieux que les travailleurs et travailleuses du terrain sont en capacité réelles de maîtriser l’outil de production des richesses sociales et la façon de produire ces richesses ?

Travailler moins : en fonction de la capacité de chacun (handicap), en fonction du taf (l’usure n’est pas la même en fonction de l’environnement de travail : chimique, physique, maladies pro y compris dans les bureaux, la charge mentale de certaines professions au contact de publics en difficultés). Il faut baisser le nombre d’heures travaillées pour tous et toutes. Et encore plus quand on vieillit ! (rajouter un jour de congés par dizaine ou juste baisser le nombre d’heures dans l’annualisation, plus soft pour les patrons). Ainsi certains camarades de Sud CT, ont pu ici où là revendiquer le rajout d’un jour ou deux de congés supplémentaires par décennies. Ex : T’as 30 jours de congés ordinaires jusqu’à 30 ans, puis 32 jusqu’à 40 ans, etc. jusqu’à la retraite (à 60 piges bien entendu, sauf pour les grand.e.s dirlos !! non je rigole !).

Ce ne sont que des réflexions mais qui devrait être présentes dans nos revendications, dans nos stratégies pour améliorer notre quotidien afin d’être moins passi·f·ves.

Historiquement, « notre » classe, celles et ceux qui produisent les richesses (peu importe lesquelles) ; c’est-à-dire celles et ceux devant vendre leur force de travail pour vivre ; a toujours revendiqué moins de travail, plus de salaires, plus de temps pour soi. À titre d’exemple, dans le journal La Voix du Peuple du 20/03/1904 :

Pour rappel et pour faire un comparatif plus récent par rapport aux désirs d’augmenter le temps effectif de travail quotidien (en ce moment dans la révision de la convention de la métallurgie), le patronat soutenu par le gouvernement tente de faire passer tranquillou une augmentation du temps maximal à 11 h par jour !! Déjà grâce aux lois votées par la gauche en son temps, le temps sur la semaine peut être augmenté dans les sites touristiques, l’été, etc. En 1848, oui oui 1848 !, un décret disposait que le temps ne pouvait dépasser 10 h à Paris et 11 heures en province… Alors oui, « les gros bonnets » ont toujours attaqué les réductions du temps de travail, le plus de congés, les meilleurs salaires, avec méthode eux. Près de deux cents plus tard, avec les gains de productivité énormes qui ont eu lieu depuis, on travaille toujours autant (sic).

S’approprier ses conditions de travail, réfléchir aux modes de productions est indépassable, incontournable. Mais pour cela, il faut aussi arrêter de geindre en salle de pause, et se bouger un chouïa !! L’article (ci-dessus) montre aussi une CGT de l’époque qui essayait de se donner les moyens de faire arrêter le travail, appelait sur le plus petit « atelier » à réfléchir comment obtenir satisfaction. Réflexion(s), perspective(s) à court et moyen terme, envie, énergie… mais pour et par tous et toutes celles et ceux qui taffent et de la base vers le sommet (qu’il faut niveler).

Vive l’internationale !

Rencontre-présentation avec des autrices de Nous vous écrivons depuis la révolution – Récits de femmes internationalistes au Rojava (Syllepse) le vendredi 28 janvier à la Bourse du Travail & projection du documentaire Fedayin – le combat de Georges Abdallah en présence du collectif Vacarme(s) le lendemain.

Nous vous écrivons depuis la révolution – Editions Syllepse

Bande-annonce de Fedayin, le combat de Georges Abdallah

Plus d’infos sur le site de la Librairie Les Nuits Bleues

« Nous sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures »

Il ne peut nous échapper à nous militant·es syndicalistes, mais également à de nombreux collègues, et bien souvent, à de nombreux travailleurs·ses en général, que nombre de grand·es ou petit·es directeurs·rices, nombres d’élu·es, nous humilient (Attention pas toute·s !). C’est-à-dire, selon le Larousse : « 1.Sentiment de quelqu’un qui est humilié, atteint dans sa fierté, sa dignité. 2. Sentiment de honte qui résulte de telle cause. 3. Acte, situation qui humilie, blesse l’amour-propre.« 

Au quotidien. Au détour d’une petite phrase, de grandes envolées, de petites décisions, de phrases sèches. Ces humiliateur·rices, le font parfois s’en sans rendre compte. Leur mépris est parfois aussi, total, viscéral, assumé. Ils humilient comme ils respirent. Nous en avons des exemples frappant en ce moment, par exemple à Angers avec la grève des MNS ou des anims. Dans les courriers, dans les propos tenus, tout est bon pour montrer leur suffisance, leur prétendu supériorité. « Il faut revenir à la raison » ; « il vous faut vous modérer » ; distribution de la parole et affirmation de leur propre prise de parole comme supérieure, menaces verbales et sous-entendus directs quand des agents précaires ou non, sont malades, chantage, mensonge en regardant les gens en face, refus du jour pour le lendemain de petites ou grandes choses qui sont invalidées du jour au lendemain… Dans d’autres collectivités, nous avons parfois des échos (suite à des demandes de conseils) en particulier sur les entretiens pros et des propos et mêmes ce qui pourraient être qualifiés d’insultes : « pleureuse » par exemple, de mémoire par un directeur de service d’une petite ville. On en est bien souvent là.

Ces humiliateur·rices ne comprennent rien à la vie réelle. Iels sont déconnecté·es du travail réel, c’est-à-dire du travail de terrain, et s’iels l’ont connu dans des temps plus ou moins lointains, ils et elles l’ont oublié. Déconnecté·es des douleurs infligés par le travail : dépression, fatigue, mal-être, boule au ventre, agressivité parfois -rarement- d’usager·ères mais qui laisse des traces, violence « managériale », course contre la montre permanente dans certains services, peur du CDD ou de la vacation non-renouvelée, manque de moyens qu’il faut pallier par habitude ou conscience, peur du passage en DSP (= délégation de service public), de la fin du mois difficile, maladies pros, etc. etc. etc.
Ils et elles sont déconnecté·es et ne connaissent le monde qu’à travers des tableaux, des notes de services, des réunions de Comités de Directions en prenant un café et en faisant de petites blagues entre gens de bonne compagnie tout en « gagnant » des milliers d’euros. Mais elles et eux, c’est mérité… Vous n’êtes que jalouses·x si vous pensez le contraire minaudent-iels. Iels pratiquent le chantage à la moindre occasion. Voir ainsi en Guadeloupe : « on » veut bien vous parler si vous cessez vos blocages ; voir à Angers avec le Maire et l’élue RH : « on » veut bien vous parler si vous cessez votre grève ; voir le ministre de l’intérieur qui verse des larmes de crocodiles devant un naufrage et la mort de dizaine de migrants : mais qui gère le capitalisme, le système économique, ne fait rien contre les fraudes, maintien des dictatures ? Etc.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il y a toujours des collègues, des camarades de syndicats mêmes qui appellent au calme, au PRÉTENDU dialogue. PRÉTENDU, en gros, en gras, en italique, souligné, surligné. PRÉTENDU, car c’est quasi tout le temps un monologue des dirigeant·es, quel que soit le niveau hiérarchique. Ils daignent – dans leur grande bonté « managériale !- parfois nous écouter, par le voie de responsables et d’interlocutrice·eurs bien défini·es. Pour eux et elles, le dialogue est constructif quand les agent·es, les travailleurs et travailleuses de terrains du réels, susurrent avec docilité « oui oui mon bon maître« . On ne parle même pas de syndicats comme nous qui essayent d’amener les principaux collègues en grève au contact des élu·es, des décideurs… ça les choque parfois. Ils et elles préfèrent leur petits ghettos de gens bien assis, bien chauffés, pas stressés par les contingences quotidiennes du travail de terrain.

A vouloir tout réduire à néant devant leurs désirs, leurs idéologies, leurs spéculations théoriques du haut de leurs « tours d’ivoire », ils et elles ne nous laissent bien souvent que la révolte désordonnée comme ultime râle. Cette violence aléatoire, ce cri de rage parfois salutaire mais à courte vue, est tout autant dû aux dirigeant·es sous leurs diverses facettes qu’aux organisations (y compris syndicales !) qui sont toujours dans la médiation plutôt que de relever la tête face à ce mépris des puissant·es et de tenter la mise en place d’un autre futur. Ce sont les émeutes dans certains quartiers, ce sont les émeutes dans les colonies, ce sont les violences de rues qui ont émaillé les manifs de gilets jaunes… Avec parfois leurs lots de grosses débilités comme s’en prendre à d’autres « petites gens ».  Des Jacqueries contemporaines en somme, qui parfois font trembler les pouvoirs, mais qui faute d’alternative ou de détermination sur le long terme, n’aboutissent pas ou peu. Et en face, les humiliatrice·eurs renforcent les moyens de répression, achètent à tour de bras des armes dites non létales qui éborgnent, qui mutilent et parfois tuent. Mais le dire est pour ces humiliatrice·eurs dérangeant, honteux, simpliste, « populiste ». Et le pire, face au mal-être général et au manque de perspectives, c’est que d’autres aspirant·es dirigeant·es sont aux aguets, prêt à bondir pour s’accaparer le pouvoir en se faisant passer pour des gens proches du peuple, proche de la misère mais en ne proposant que le recours à plus de libéralisme, de renforcement de l’autorité, de paradis artificiel (came, alcool, medocs, extrémisme religieux). Les Zemmour, Le Pen, Ciotti, les caïds et gros mafieux, les nationalistes de tous acabits, les fanatiques religieux, sont autant de symptômes plutôt que de remèdes. En France comme ailleurs.

Fernand Pelloutier, Fonds Monatte, Musée social

C’est pourquoi, comme disait Pelloutier, en décembre 1899, un vieux de la vieille, un syndicaliste de première, le gus dont la grande salle de la Bourse du Travail d’Angers porte le nom, « nous sommes en outre ce qu’ils ne sont pas : des révoltés de toutes les heures, (…), les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou matériel, individuel ou collectif, c’est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat) et les amants passionnés de la culture de soi-même. » C’est dire qu’il nous faut réfléchir, comprendre le monde dans ses diversités économiques et sociales, les analyser, appuyer sans cesse sur ce qui ne va pas… Et puis essayer d’obtenir plus de justice, d’égalité, de liberté (et pas la liberté des nationalistes et des fascistes qui sont dans la rue en ce moment) pour tous et toutes ! Cette lutte est émaillée de défaites, de duretés psychologiques, mais il faut « s’y tenir et, par la continuité de l’effort, obtenir dans une direction déterminée le maximum de résultats sensibles et présents » (Pelloutier toujours en 1899).

Toutes les avancées, dont nous profitons encore, malgré qu’elles soient sans cesse attaquées, en France (sécurité sociale, vacances, salaires théoriquement dignes, conditions de travail, etc.) qui ont existé au travers des siècles ont été arrachées et lâchées par les détenteurs des pouvoirs économiques, sociaux, culturels. Jamais par bonté d’âme, ou très très rarement.

Brochure Fédé SUD CT : Harcèlement sexuel, ni au boulot, ni ailleurs !

La Fédération SUD Collectivités territoriales propose une précieuse brochure concernant le harcèlement sexuel et les agissements sexistes au travail.

Un guide disponible ICI

Depuis toujours, les agent·es de la Fonction Publique Territoriale sont victimes d’agissements sexistes, de harcèlement et d’agressions sexuelles. Aujourd’hui la parole se libère et rappeler les fondamentaux semble plus nécessaire que jamais.

Au travail, les comportements inappropriés (discrimination, exhibition, pornographie, injures, harcèlement, agression…) sont punis par la loi depuis 2012. Le sexisme est dorénavant condamnable : il a notamment été ajouté en 2016 au Code du travail une disposition interdisant tout « agissement sexiste ». Qu’il s’agisse de remarques déplacées ou d’atteinte à votre intégrité physique, ces comportements sont inadmissibles.

Commis dans la durée ou une seule fois, ils peuvent générer stress et souffrance, induire un sentiment de dévalorisation et d’infériorité.

Que vous soyez victime ou témoin de ce genre de comportement, il est important de connaître vos droits pour réagir !

Qui contacter ? Qui peut vous accompagner ?
• Votre section SUD
• les membres du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail)
• Dispositif local de signalement des actes de violence, discrimination, harcèlement ou agissements sexistes
• la médecine du travail, les assistant·es sociaux de la collectivité, le-la psychologue du travail
• en fonction de la situation : vos collègues, votre hiérarchie, les services RH, etc

• Violences Femmes Info : 3919
• Aide aux victimes : 08.842.846.37
• Site du gouvernement : https://arretonslesviolences.gouv.fr

Les lieux d’accès au droit
• les Maisons de justice et du droit présentes dans chaque département : à Angers
• les CIDFF (Centre d’information des droits des femmes et de la famille) présents dans chaque département : CIDFF du Maine-et-Loire 3 rue André Maurois à Angers – 02 41 86 18 04

Mais aussi
• le réseau local d’associations féministes

Préavis de grève pour la journée du 7 décembre 2021 pour les agent·es de la Territoriale relevant du secteur social, médico-social et éducatif

A l’appel de plusieurs collectifs et organisations syndicales, les agent·es de la Fonction Publique Territoriale (titulaires et contractuel·les) des filières sociale, médico-sociale et administrative exerçant leurs missions dans les services de protection de l’enfance, d’action sociale, de PMI des Départements et des services d’action sociale, des CCAS, établissements publics et mairies se mobilise pour dénoncer et revendiquer :
👉 Le manque chronique et criant de moyens et d’effectifs.
👉 L’absence de reconnaissance.
👉 un secteur sanitaire, social et médico-social adossé à un service public fort, laïc, exercé par des agent es titulaires, seule alternative à la marchandisation du secteur
👉 un accès universel et gratuit aux services et établissements médico-sociaux prenant en compte les besoins de la population
👉 des moyens humains et financiers nécessaires, afin de garantir à la fois le maintien et le développement d’un dispositif de qualité et la mise en œuvre à égalité de droit sur tout le territoire des missions de service public, pour tout le secteur social et médico-social.
👉 l’intégration des assistantes familiales dans la fonction publique territoriale comme agent.es titulaires
👉 l’attribution immédiate du CIT (prévu dans « le Ségur » de 183 net/mois aux agent·es des filières sociales et médico-sociales.
👉 l’ouverture des travaux de la commission LAFORCADE aux professionnel.les du secteur sanitaire, social et médico-social de la FPT
👉 La refonte des grilles de traitement.

Le préavis de grève : https://www.sud-ct.org/spip.php?article442

Pour l’augmentation du salaire des agents en contrat d’apprentissage

Les agent·es de la Ville d’Angers, Angers Loire Métropole et CCAS Angers en contrat d’apprentissage sont aujourd’hui rémunérés sur la base de la rémunération mensuelle minimale.

La très grande majorité de ces agents sont toutes et tous en deçà du seuil minimal leur ouvrant le droit à la prime d’activité.

Le cas le plus significatif est celui des agent·es en 2e année d’apprentissage qui ont entre 21 à 25 ans. Leur rémunération brute mensuelle est de 969€. Le montant minimum requis pour ouvrir le droit à la prime d’activité est de 974€ 🤷‍♀️🤷‍♂️ Cinq (petits) euros d’écart qui leur ouvriraient des ressources complémentaires par le biais de la prime d’activité.

Les dispositions légales de la rémunération des contrats d’apprentissage prévoient que « ces montants peuvent être majorés si un accord collectif applicable fixe une rémunération minimale plus élevée. »

Les revendications de SUD Collectivités territoriales 49 ✊ un accord collectif à la Ville Angers, Angers Loire Métropole et CCAS Angers fixant une rémunération au-delà du salaire minimum