Quelques considérations de la section Sud Ct Saint-Barthélémy…

…sur les crises sociales et écologiques, les ordonnances, etc.

Le vol de congés prescrit sur ordonnance ! 

Mercredi 15 avril : tout en « remerciant » dans les médias les agent.e.s publics pour leur engagement dans ce qu’il qualifie de 1ère ligne face à la crise sanitaire, le gouvernement sort une ordonnance visant à leur voler des jours de congés ! Mélangeant allègrement ce que sont les RTT et les congés.
Nous constatons, ce que semble dire nos camarades de FO et de la CGT, et que ne dément pas la CFDT, que Monsieur le Maire a pris au tout début du confinement des décisions courageuses ! Les employé.e.s ne se voyaient pas sucrer les jours de congés et de RTT, y compris ceux posés et validés. Pour être honnête, nous étions même surpris !

Toujours est-il que l’ordonnance nous volant nos jours de congés fût publiée le mercredi 15 avril, la troisième réunion où les décisions municipales évoluèrent date du mardi 14 avril, soit la veille. Avant la publication de cette fumeuse ordonnance, tout un travail de lobbying y compris public, de certains regroupements de collectivités -tel France urbaine dont Angers fait partie- ; de l’Association Nationale des DRH des Grandes Villes, etc. ont fait leur travail de basse besogne libérale : faire payer les « petit-e-s », les travailleurs et travailleuses qui font tourner la machine des services publics. Le gouvernement Macron/Philippe ne fût sans doute pas bien long à convaincre. Il semble également que cette position fût partagée dans l’agglomération angevine.
Entre les notes du DGS et de la DRH de mars et les réunions du 1er, du 9 puis du 14 avril ; la position de la mairie a évolué, et ce, avant la publication de l’ordonnance. Ce n’est pas un jugement, c’est un constat.

De quoi le CODIR et les élu.e.s ont-ils peur ? Que les agents filent toutes et tous en vacances à la fin du confinement ? À croire qu’ils sous-entendent que nous perdions toutes et tous le sens du service public en ces temps si particulier. La constat est d’autant plus triste quand nous connaissons l’investissement de toutes et tous. Il suffirait comme le demande également nos camarades des autres organisations syndicales, d’élargir les possibilités pour le Compte Épargne Temps.

Désormais on nous incite à poser des jours. Incitation n’est pas obligation. Certes. Dans certains services et dans certains secteurs, ça se passe plutôt bien. Nous craignons que dans d’autres services, bien connus de la Mairie, cela risque de ne pas être de même. Nous avons même des témoignages relatant que parfois, l’incitation est présentée comme une évidence par la hiérarchie ; jouant même sur la culpabilisation. Et ce, pour des titulaires ! Nous n’imaginons même pas, ce que doivent ressentir les précaires en CDD qui espèrent leur renouvellement. Nous n’accusons pas la mairie, loin de là, mais entre le choix politique et sa mise en œuvre par toute une suite « managériale » (comme certain.e.s aiment à se nommer), la pression se fait, en général, de plus en plus forte à mesure que l’on est en bas de la pyramide hiérarchique et encore plus quand on est précaire.

Il y a fort à parier que cette possibilité n’existe que sur le papier pour tous et toutes les CDD. En sont bien évidemment exclu celles et ceux qui n’ont jamais de congés payés…

L’argent. L’ancien nouveau-monde est toujours en Marche…

Le gouvernement propose, avec le Projet de loi de finances rectificative pour 2020 de verser à certain.e.s une prime dans la « limite de 1 000 € par bénéficiaire » et « d’exonérer cette prime exceptionnelle d’impôt sur le revenu, de cotisations et contributions sociales d’origine légale ou conventionnelle, ainsi que de toutes autres cotisations et contributions dues (…) et ne sera pas pris en compte pour la détermination du revenu fiscal de référence ». Les employeurs ne versant aucune contribution non plus sur cette prime.

En gros, on continue vers ce toujours plus.

La seule récompense imaginable, c’est toujours le fric, le fric, le fric. Oui, il en faut ! Et surtout pour tout ceux et toutes celles qui tirent la langue dès le milieu de mois, y compris à St Barth. Mais défiscaliser, sans cotisation sociale, cela signifie autant d’argent qui ne rentre pas dans les caisses pour ensuite redistribuer les prestations sociales. Nous refusons cette logique individualiste.

Nous préférerions, que nos dirigeant.e.s inversent leurs processus intellectuel et décisionnel. Plutôt que de nous « punir » en nous enlevant des jours de congés ; ne serait-ils pas plus judicieux de donner des jours de repos en plus pour remercier les agents qui ont été obligé d’être au boulot en présentiel ? Et même pourquoi pas, celles et ceux qui sont en télétravail ? Ou, de faire voter une loi, ou même une ordonnance, faisant bénéficier d’heures en plus comptées dans l’annualisation ?

Comme l’affirment nos collègues de la CFDT, nous reconnaissons que la mairie semble essayer de prolonger les collègues en CDD. La collectivité pourrait ne pas le faire. Mais en l’espèce, M. Dussopt, notre Secrétaire d’État, préconisait de «les renouveler dans la mesure où les besoins existeront à l’issue de la crise épidémique. Il s’agit d’une contribution à l’effort de solidarité demandé aux employeurs publics pour éviter la création de situations précaires. Ces contrats pourront être renouvelés dans les conditions les plus simplifiées (absence d’entretien), par avenant, pour quelques mois, ou quelques semaines, pour les porter après la fin envisagée de l’état d’urgence sanitaire». Nous rappelons d’ailleurs que les décisions des ordonnances sont valable un mois après la fin de l’État d’urgence sanitaire… Nous espérons que ce sera valable aussi pour les contrats.

Pour les agent.e.s horaires/vacataires, pour elles et eux aussi il est préconisé, de la part de l’État de rémunérer ceux-ci en fonction du nombre d’heures qui auraient dues être effectuées ou de faire la moyenne des 3 derniers mois de salaire versés à l’agent.

Enfin pour la rémunération, nous citons le Ministère de l’Action et des Comptes publics : « Il est recommandé de placer les agents en autorisation spéciale d’absence (ASA) afin de maintenir leurs rémunérations en l’absence de service fait (télétravail impossible, compte tenu des fonctions exercées). Concernant les agents en congé de maladie ordinaire, le maintien du régime indemnitaire pourra être assuré, même en l’absence de délibération ».

Sur les sujets des contrats et de la rémunération, notre collectivité applique les directives gouvernementales. C’est tout à son honneur, mais rien de plus.

DE L’ART DE CACHER SES RESPONSABILITÉS 

L’art du « manager », des décideurs dans une société pyramidale comme la notre, c’est de se cacher derrière le niveau hiérarchique du-dessus…

Gageons que si nous n’y prenons garde, on voudra nous faire travailler plus. Le MEDEF et la Ministre du Travail ne disent pas autre chose quand il et elle osent dire, qu’il faudra sans doute revoir les 35 heures en travaillant plus, abandonner des jours fériés. Parions même, qu’on nous refera le coup de 2003, en disant que NOUS devons payer l’achat de masques, etc. en travaillant gratuitement une 2e ou une 3e journée. On saura et on sait nous dire qu’il faudra faire des efforts au nom d’une prétendue responsabilité ou d’une prétendue solidarité. Culpabilisation, pression, relayées dans les médias en donnant des jours de repos, en travaillant gratuitement, etc. Alors nos élu.e.s se cacheront derrière les décisions prises pour se laver les mains de leurs responsabilités.

Par contre les 25.000 morts, les vies et familles brisées par le  COVID-19 sont largement dues à l’impréparation de l’État mais aussi des collectivités.

Deux documents émanant de l’État, que nous pouvons fournir,  « Avis d’experts relatif à la stratégie de constitution d’un stock de contre-mesures médicales face à une pandémie grippale », remis en mai 2019 aux plus hautes autorités étatiques, affirme qu’en cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30% de la population. On y « parle » des fameux masque FFP2 qui manquent ; on y « parle » des fameux respirateurs qui manquent, etc.

Dans le « plan de lutte contre une pandémie grippale (rapport de 2011) » il est écrit en préface que tous ces plans de prévention et d’anticipation « intègrent une phase de préparation afin que chacun, dans son secteur de responsabilité, puisse être prêt, le jour venu, à faire face à la crise. Au-delà de l’État, le plan « Pandémie grippale » concerne l’ensemble des collectivités publiques, des professionnels de santé et des acteurs socio-économiques, qui participe de la réponse à la situation de pandémie. »

Nos collectivités, nos services de prévention, nos élu-e-s avaient donc un rôle crucial, fondamental… mais il n’est pas de petites économies. D’autant qu’il est listé, pages 12-13, « les actions permanentes » à établir. Pourquoi rien n’a été prévu dans la réalité ?

La réponse est limpide, claire : penser un autre monde est impensable avec nos technocrates qui ne connaissent le travail de gens de terrains que par le biais de tableaux informatiques, des élu.e.s « aux mains » d’un prêt-à-penser libéral pour des économies à court-terme.

Si nous constatons, qu’à Saint-Barthélemy d’Anjou, et ce avant le plan de confinement, des décisions furent prise très rapidement pour fermer les services, protéger les agent.e.s ; les réponses furent néanmoins faite, au pied-levé.

Des questions restent néanmoins en suspens. Où était le plan pandémie grippale ? Où était les stocks de masques à l’échelle de l’agglomération ?  Nous recevons parfois dans nos collectivités des notes nous expliquant comment sortir d’un véhicule, comment faire du vélo, mais rien, sur le virus qui gagnait le monde et se propageait. Pourquoi ?

Pour un monde « d’après », écologique, social et solidaire

Que les élu.e.s ne sont pas, en tant qu’individu, responsable de la pandémie, c’est une évidence. Le système libéral lui, est un élément non négligeable de la naissance des pandémies ou qui auraient pu le devenir (Ebola, SRAS, Mers…) avec la destruction des écosystèmes ; la proximité toujours plus grandes des humains qui empiètent sur le monde animal. Le Covid-19 a exactement cette origine. 

Par un relent raciste de bas étage, certain-e-s accusent les « chinois ». N’est ce pas oublier notre système industriel de production de nourriture, « bien de chez-nous » ? N’est ce pas oublier un peu vite la vache folle ; la grippe aviaire ; la peste porcine ? Les OGM ? L’artificialisation des terres agricoles ? La production intensive pour le maïs ou le blé ? Même l’eau potable est polluée par des résidus cosmétiques, chimiques. N’oublions pas les nitrates qui donnent cette jolie couleur verte aux plages. Les algues bleues dans des lacs, rivières et fleuves du département ? Les pesticides et autres perturbateurs endocriniens sources de tant de maladies. Des mairies parfois, tentent de s’y opposer, parfois plus-ou-moins symboliquement. Ce n’est souvent que de la façade.

Changer de modèle social écologique est nécessaire à notre échelle.

Contre le tout-bagnole, créer des infrastructures cyclables (ponts de franchissement, routes cyclistes, …) ; repenser le système des primes individuelles et incitatives aux déplacements doux ; puisque la mairie aime les moutons, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique et faire une ferme municipale qui produirait de la nourriture pour les cantines locales ? Certaines communes visent l’autonomie énergétique et alimentaire, et nous ? Plutôt que faire semblant dans nos entretiens individuels (refait pour le CIA), en nous demandant des pseudo projets qui ne seront jamais validé ; pourquoi ne pas demander aux agents quelles remédiations et quels projet collectifs locaux dans nos postes respectifs, nous pourrions imaginer et créer pour une société moins polluante ? Et pour une fois, ce serait nous écouter et nous laisser concevoir des projets par celles et ceux d’en-bas. SUD CT est un syndicat qui se revendique alternatif, de base mais aussi de classe. C’est à dire que c’est par l’intelligence collective de celles et ceux qui produisent et de leurs représentant.e.s, d’essayer de déterminer comment on doit les produire les richesses sociales

Sortir par le haut. Exemplarité des élu.e.s ! Arrêt de la destruction du service public !

Nombre de politiques estiment qu’il faut changer de logiciel de réflexion. Ça fait bien dans la presse. Ça fait bien, dans les prospectus électoraux. Cependant, nous le voyons l’ancien nouveau monde libéral, réfléchit et continue de le faire partout de la même façon. Les mêmes recettes sont à l’œuvre pour nous faire retourner travailler rapidement et produire toujours plus…

Plutôt que de faire de petites économies sur nos salaires et nous demander des efforts, entendons-nous un.e seul.e élu.e local, d’Angers Loire Métropole, départemental, régional ou national annoncer fièrement que lui ou elle aussi va renoncer à ses indemnités d’élu.e.s ? À notre petite échelle locale, entre indemnités d’élu.e.s, d’adjoint.e.s ou de M. le Maire ce serait plusieurs milliers d’euros d’espèces sonnantes et trébuchantes qui ne sortiraient pas des caisses. Les petites rivières faisant les grands fleuves, cette somme se chiffrerait en dizaine voire centaine de milliers d’euros pas mois à l’échelle d’Angers Loire Métropole avec les indemnités de M. Béchu, des membres du Bureau permanent, des vice président.e.s, de tous les élu.e.s.  Le sens de l’exemplarité ne devrait-il pas être la panacée de celles et ceux exerçant le pouvoir et surtout qui ont choisi de le faire ?
Nous, en tant que travailleurs et travailleuses titulaires ou précaires, en tant que salarié.e.s, nous vendons notre force de travail. Mais surtout, dans cette société, n’attendons-nous pas l’exemple d’en haut ? Nous oui. Et si ce choix local porté à notre échelle, servant d’exemple était élargi à une échelle nationale ou européenne, même temporairement, combien de millions seraient disponible ?

Nous le savons toutes et tous, l’État et les libéraux, au nom de la privatisation des bénéfices et de la collectivisation de ce qui ne peut l’être ; détruisent et continuent à vouloir détruire nos services publics, détruisent les organismes sociaux …

Par exemple, les précédents gouvernements comme l’actuel ont réduit le nombre de lits dans les hôpitaux, détruisent la Sécu en privilégiant les mutuelles privées, détruisent la retraite, etc.

Pour cela, divers moyens sont à l’œuvre dans les services publics : Partenariat Public-Privé, Délégation de Service Public, privatisation pure, mutualisation, non-renouvellement de départ des agents en retraite, etc.

À St Barth, le nombre d’heures complémentaires, lui, augmente sans arrêt, signe non-négligeable d’une précarisation toujours plus grande. Cette crise ne serait-elle pas l’occasion de remettre notre service public en état de marche ? Pour nous oui.

Ainsi, combien d’agents de nettoyage, surtout des femmes, sont en situation de grande précarité et doivent travailler par ailleurs ? Combien d’agents en CDD attendent depuis de longs mois une titularisation ? Mais on les balade d’excuses en jolis mots de patience. Ces mots sont une malédiction, donnant sans doute bonne conscience à celles et ceux qui les prononcent et qui y croient. Mais ces mots ne donnent pas un meilleur salaire permettant de mieux vivre. Les mots ne payent pas de « cotisations » servant à la Société. Les mots ne nous permettent pas de nous projeter dans l’avenir et de construire une vie. À force de mots, nous connaissons de nombreux et nombreuses collègues de St Barth qui ne pensent qu’à partir, emportant avec eux leurs compétences et une petite part de l’histoire, des connaissances locale.

C’est l’occasion pour la mairie de titulariser tous ceux et celles qui font tourner « la maison ». De demander au CDG 49 et à la CAP C de se bouger et de se réunir en urgence, même en visioconférence, pour titulariser nos collègues. D’augmenter les heures des contrats de nombreux agent.e.s, pour celles et ceux qui le souhaitent, car la pandémie n’est pas prête de s’arrêter. Il va falloir non seulement toujours nettoyer nos bâtiments mais aussi les désinfecter. C’est aussi à notre échelle que nous pouvons arrêter cette saloperie.

À SUD CT, nous pensons que la mairie, doit se donner les moyens humains. 

SUD CT : sud-ct-saint-barth@riseup.net

 

Tout travail mérite salaire, la suite

Il y a quelques temps notre section syndicale avait interpellée la mairie sur le retard des attestations pole emploi pour nos collègues précaires.

Comme nous agissons en toute transparence, nous publions ici la réponse de la Mairie : Courrier Reponse Sud 2018 10 12 ainsi que notre réponse en retour :

Saint-Barthélemy d’Anjou, le 08 novembre 2018

Monsieur le Maire,

Nous vous remercions tout d’abord d’avoir bien voulu nous répondre.
Avant toute chose, contrairement à ce que vous semblez sous-entendre, nous n’avons pas la prétention que ce soit notre courrier qui ai déclenché un paiement anticipé des heures dues, par le biais d’avance.
Nous ne sommes pas tout à fait d’accord sur les dates et votre phrase : « les attestations pôle emploi (…) étaient en cours et sont désormais toutes réalisées ». Réalisées, ne veut pas dire envoyées et encore moins réceptionnées à la date de votre courrier.

En tout état de cause, nous pouvons parfaitement comprendre que les horaires atypiques du centre aquatique, quasiment ouvert toute l’année et en horaires continus, dimanche et jours fériés compris, ne sont pas simple à appréhender. Il n’en demeure pas moins que la piscine ne pourrait à l’heure actuelle pas fonctionner, sans les multiples et majoritaires contractuel-le-s. Sans oublier bien sûr celles et ceux ayant des temps partiels subis. Le tout sans les avantages des titulaires de celles et ceux à plus de 26 heures hebdomadaires… Nous ne nous appesantirons pas, vous connaissez une partie du mécontentement qui existe au Centre aquatique.
Ces contractuel-le-s ont besoin, non seulement que leur salaire tombe en lieu et en heure prévu, ce qui est bien logique vous en conviendrez ; mais, ils ont un besoin impératif, comme la loi l’oblige pour l’employeur, de leur fameuse attestation pôle emploi. L ‘absence de cette attestation provoque des imbroglios administratifs avec « Pôle emploi » quant aux déclarations anticipées, puis aux justifications à fournir dans un laps de temps court et au paiement de l’allocation-chômage, en particulier sous forme d’un complément de salaires.
Tant mieux si cela se régularise.

Nous avons aussi à cœur, de souligner les dangers pour notre collectivité, et ce bon gré mal gré.
Nous en avons souligné deux ou trois, lors de notre courrier précédent sur ce sujet : le risque de procès ; la mauvaise publicité ; la précarisation accrue des précaires face à Pôle emploi qui demande des comptes.
Nous pourrions ajouter aussi, malheureusement, la mauvaise communication interne à la Collectivité. Si comme vous l’indiquez, dès la connaissance par les services de ces erreurs, la collectivité est intervenue, nous estimons qu’il aurait été tellement plus simple de contacter les précaires en amont pour les prévenir de ces erreurs et de s’excuser. Cela aurait évité à ces collègues précaires de se faire du « mouron », de faire remonter l’information par la voie hiérarchique et par le biais syndical.
Cependant, puisque les attestions et arriérés de salaires semble se verser, nous tenons, en tant qu’organisation syndicale, à reposer certaines de nos questions puisque vous n’y a avez pas répondu.
Comment se fait-il, qu’il puisse y avoir de tels dysfonctionnements ? Le service-RH est-il en sous-effectif ? La charge de travail est-elle trop lourde ? Les moyens techniques au service des collègues sont-ils efficients ?

Nous vous assurons Monsieur le Maire, Monsieur le Directeur Général des Services, Madame la Directrice du Personnel, de nos meilleurs sentiments.

Préavis de grève de la section de Saint-Barthélemy d’Anjou pour le 9/10

SUD CT Saint-Barthélemy d’Anjou : sud-ct-saint-barth@riseup.net

Objet : Préavis de grève 09 octobre 2018

Monsieur le Maire,

Conformément à l’article L.2511-1 ; L2512-1 et suivants du Code du travail, à l’article 10 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, notre syndicat vous notifie un préavis de grève, suite à l’appel national lancé par différentes organisations syndicales et ce dans un cadre interprofessionnel.

Ce mouvement de grève est réalisé pour protester contre les différents politiques nationales et ayant des implications locales : retraites, précarisations, attaque contre les services public, le système de santé mis à mal, CAP 22, etc.

Ce préavis couvre l’ensemble des salarié-e-s de la collectivité de Saint-Barthélemy d’Anjou, quel que soit leur statut.

Comme vous avez pu nous le dire à plusieurs reprises et vous sachant particulièrement soucieux de la préservation d’un service public de qualité, basé sur l’Egalité de tous et toutes, un service public au service de tous les usagers ; nous serions particulièrement heureux, de vous accueillir vous et votre équipe, dans notre cortège syndical.

Recevez Monsieur le Maire, Mesdames les Directrices et Messieurs les Directeurs, l’expression de meilleurs sentiments.

Tout travail mérite salaire

Saint-Barthélemy d’Anjou, le 04 octobre 2018

Monsieur le Maire,
Monsieur le Directeur Général des Services,

OBJET : précaire / attestation pôle emploi

 

Monsieur le Maire, par ce courrier nous faisons part de notre surprise et de notre effarement.

Ce qui semblait être un mauvais souvenir pour les multiples contractuel-le-s qui servent la commune semble de retour en cet fin d’été.

Non seulement les heures complémentaires, les heures supplémentaires n’ont pas été payées en temps et en heures, ce qui est problématique pour elles et eux, mais en plus plusieurs de ces contractuel-le-s n’ont même pas eu leur attestation pôle emploi !!!

Selon l’article R1234-9 du Code du Travail : « L’employeur délivre au salarié, au moment de l’expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d’exercer ses droits aux prestations mentionnées à l’article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi ».

La non-délivrance ou la délivrance tardive de ce document « est un comportement nuisible entraînant un préjudice justifiant l’allocation de dommages-intérêts » (Cass. soc. 4 avr. 2006, n° 04–47785 ; Cass. soc. 13 févr. 2007, n° 04–48754 ; Cass. soc. 9 avr. 2008, n° 07–40356 ; Cass. soc. 15 déc. 2010, n° 08–45161 ; Cass. soc. 5 juil. 2011, n° 10–30465), même si le retard est de courte durée (ici 8 jours : Cass. soc. 17 sept. 2014, n° 13-18850), même si le salarié a pu accomplir les formalités nécessaires à son inscription au chômage (Cass. soc. 7 juil. 2010, n° 09–41177).

Au-delà de ces arguties juridiques sur d’éventuels dédommagements de préjudices subis, ce ne serait pas une publicité favorable pour l’image de la commune. Pire, à l’heure actuelle, des contractuel-le-s commencent à se demander quel est l’intérêt de venir travailler plus, si c’est pour avoir des soucis ensuite pour les déclarations et le suivi avec Pôle emploi.

D’une façon plus large, peut-être, à l’image de nombreux services, le service RH est-il en sous-effectif ? La charge de travail est peut-être trop lourde ? Les moyens techniques au services des collègues ne sont pas efficients ?

En espérant que ces dysfonctionnements graves pour les collègues précaires puissent être résolus dans les meilleurs délais ;

Nous vous assurons Monsieur le Maire, Monsieur le Directeur Général des Services de nos meilleurs sentiments.

Par ordre et pour SUD CT Saint-Barthélemy d’Anjou

À Camélia, à Dani.

Je pensais à écrire depuis quelques temps. Et puis hier, samedi 29 septembre 2018, sous le pont « Confluence » à Angers, lors de le moment en souvenir de Camélia et Dani, je m’y suis résolu.
Dani, vous en avez entendu parlé, vite fait. J’en suis sûr. Probablement sans y faire attention plus que ça, au détour d’une conversation, d’un article de journal.

Dani s’est noyé. Le 8 juillet 2018.

Les français qui le connaissait, on l’appelait Daniel. Il vivait en France, à Angers, souvent à Saint-Barthélemy depuis plusieurs années. Avec sa famille, avec ses proches, avec ses semblables, il vécu dans les zones grises de l’urbanisme : sous le pont près de Géant, dans le bidonville qui fut rasé pour faire place à la future piste cyclable ; dans la réquisition appelée « les parpaings perdus » : un ancien immeuble en face Géant et pied-de-nez de l’histoire des miséreux près du nouvel accueil de nuit.

À Saint-Bart, il vécu aussi à la réquisition du « Chêne-Vert », un vaste ensemble d’habitations qui servaient autrefois de logements aux pompiers mais que par la magie de la rentabilité, des règles européennes et des lois françaises, ils abandonnèrent.

Daniel, Camélia mais aussi d’autres rroms de Roumanie, des kosovars, des français vécurent là. Ce ne fut pas toujours rose, pas toujours glorieux, ce ne fut pas toujours simple. Mais les gens y avaient un toit sur la tête, un lit, parfois un cours de français, une cuisine par appartement, un accès aux soins, une ou deux fêtes collectives et de l’eau. De l’eau potable !

Ce complexe qui aurait pu loger des centaines de mal-logés, de gens à la rue, aurait même pu servir de point d’accueil de jour.

Puis l’été arriva. Monsieur Gillet, patron du SDIS et du département, a dû se dire avec d »autres que la blague avait assez duré ; la misère est sans doute moins terrible l’été.

Ceux qui n’eurent pas trop peur de la police, restèrent et se firent expulser.

L’immeuble resta vide. Le SDIS paya des milliers d’euros pour faire surveiller ses immeubles, les anciens logements de fonctions en ville, par des sociétés de gardiennage. L’argent il y en a. Pas pour tous.

Oui, il faut protéger la propriété vide depuis des années, malgré les engagements à partir, dès qu’un projet verrait le jour, malgré les engagements à payer un loyer et l’eau, la fameuse eau. Rien n’y fit.

Daniel, Camélia et d’autres, vécurent, survécurent sous des bâches, puis des tentes. Les premières caravanes arrivèrent pour abriter. La débrouille, la survie au jour le jour.

À la rentrée scolaire 2017, Camélia, Daniel et une trentaines d’autres : des bébés, des enfants, des ados, des parents ; toujours les mêmes, revinrent s’installer à Saint-Barth. Ce fut la « Rromanerie », boulevard de la Romanerie.

Et c’était reparti. L’inévitable cycle. Profiter de se poser, du répit. Combien de temps durerait-il ce répit ? Même l’huissier, militant élu de l’UMP puis des Républicains dans le département, au sud du département, à proximité de la Loire, ne put s’empêcher une réflexion, sur ces pauvres. Un moment de compassion, un bref retour à l’humanité.

Mais qui de lui ou de nous possède le pouvoir ?

Pendant ce temps, il faut faire vite. Vite rescolariser les enfants. Vite essayer de retrouver les papiers perdus. Vite refaire les attestations disparues au gré des expulsions. Vite essayer de retrouver un travail. Vite, vite, vivre, essayer de se raccrocher : pas de larmes, il y a les enfants, pas de larmes, il y a les soutiens, les français, nous autres les syndicalistes aussi : vite nettoyer, vite arrêter de faire 500 gosses car faut les faire grandir ; vite, faut travailler ; vite les dossiers DALO, SIALO. Et les poubelles ? Bah oui, ça s’entasse quand l’agglo veut pas mettre de poubelles.

La survie reprend le pas. Ses tensions, ses joies. L’automne commence à se dérouler. Et puis, merde, peut-être une épidémie de gale. Comment faire ?

Quand on a des thunes, mêmes pas trop, un boulot, un revenu de remplacement, on arrive à se faire soigner. Mais là, personne. Des acteurs de la prévention, du travail social, parfois les larmes aux yeux, qui disent ne rien pouvoir faire, parfois n’avoir rien le droit de faire.

Encore une fois, se démerder.

Et puis, un jour, comble de la bassesse, L’agglo, pardon Angers Loire Métropole coupe l’eau. Un chiotte, une salle-de-bain, une cuisine pour 30 ou 40 personnes ; sans eau…

Les mensonges des grands chefs d’Angers Loire Métropole, les petites et grandes lâchetés des élus qui ne font rien. Des citoyens européens sans eau, qui pourraient avoir le droit de vote. En 2018 ! Heureusement, toujours les micro-solidarité, des enseignant-e-s permettent aux gamins qui vont à l’école, de venir, avant la classe, de se laver. Geste d’humanité, de micro-résistance. Encore un.

Daniel lui est trop grand. Comme les adultes faut aller chercher l’eau, tous les jours, tous les deux jours. Nous, de temps en temps, une fois, deux fois, parfois plus, parfois moins, on remplit une voiture de packs d’eau. Touché, sentant l’injustice dans leurs chairs, des gamin-e-s de syndicalistes, de militant-e-s, payent une tournée de packs, avec leur argent de poche. Une micro-solidarité, une de plus.

La réponse de nos organisations syndicales, elle, ne fût jamais à la hauteur des enjeux, mais, il y a tant à faire, par ailleurs, pour résister au rouleau compresseur libéral, au marteau piqueur individualiste. Passons.

Les beaux-jours, au printemps 2018 revinrent.

Pour Camélia, la manche était sans doute, moins pénible. Seule, pas de voiture, impossible de chercher du taf dans les champs, les vignes comme certain-e-s. Daniel, lui s’essayait à la pêche.

La vie se poursuivait, se reconstruisait. Des dossiers, grâce à certain-e-s camarades, avançaient. Les attestations de travail, les rejet de demande de logements sociaux, tout une vie de misère s’écrivait, se réécrivait, rentrait dans les cases des dossiers DALO, SIALO.

Pas pour Daniel, pas pour Camélia.

Et puis avec les beaux jours, la peur revient : le spectre de l’expulsion, la rue, les cartons, le froid, la pluie. Qu’est ce qu’on peut devenir ainsi ?

Et ce qui devait arriver  arriva dans notre p….. de société : l’expulsion.

Liberté, Égalité, Fraternité…

Début juillet 2018, en France, à Angers, on remit à la rue des familles. Ils commettaient un délit grave, menaçant la société toute entière : ils survivaient. Dans une maison de l’agglo, abandonnée depuis près de 10 ans, où il n’y avait aucun projet à court ou moyen terme. C’en était trop pour la bonne société.

Il faisait beau en cet été 2018. Très chaud même. La canicule.

Sans logement, on ressent aussi la chaleur.

Daniel connaissait un coin de pêche. À la Daguenière.

Au diable la manche sans doute. Il fait chaud.

Au diable la recherche… la recherche de quoi au juste ? D’un logement, d’un travail, d’une voiture, d’un petit copain-e- ? Il fait chaud.

Tout le monde à la Daguenière !

Mais Daniel, comme ses semblables, a oublié qu’il est pauvre. Un des plus pauvres parmi les pauvres, pas français de surcroît. Il a la chance d’être européen, c’est moins pire que somalien, éthiopien, etc. Mais ça ne suffit pas.

Tout maître-nageur le sait. Je le sais. Quand on est pauvre, très pauvre, on ne sait pas nager, rarement.

Daniel ne fait pas exception.

Il faisait chaud, très chaud ce dimanche 8 juillet 2018.

Les enfants et les bébés, je les imagine devaient rire. Un nouvel endroit. Trop bien. Merci Daniel !

Les quelques parents, les quelques adultes, comme Camélia devaient un peu lâcher prise. Un peu. Avec l’âge, on sait que la réalité nous attrape toujours trop vite. Que les dirigeants que ce soient M. Béchu, M. Gillet, eux ou bien d’autres ne vous feront pas de cadeaux. À croire que quand on a rien, c’est déjà trop pour eux. Je ne parle même pas des petits fachos angevins qui jettent des pierres ou des bouteilles vides en criant « la France aux français », sur des tentes, des abris de fortunes. Est-on, moins français qu’eux, qu’on a 16 ans, vécu au moins la moitié de sa vie ici ? Et dans cette moitié, la plus grande part sur le bitume et les chemins de la ville « où il fait bon vivre » selon L’Express : Angers.

Que fait-on quand il fait chaud ? Très chaud. Quand on étouffe. Quand on souffre aussi de la soif. On se rafraîchit, on met les pieds dans l’eau. On s’arrose sans doute un peu. Les ronchons ronchonnent de se faire arroser, les rigolards rigolent. Comme tout le monde, comme chacun d’entre-nous. La marmaille est sans doute tumultueuse, joueuse, heureuse de l’instant.

Et que fait-on quand on est ado ? On en fait sans doute un peu plus que les autres. Il faut se démarquer, c’est normal, c’est la vie.

Daniel, à sans doute très chaud, trop chaud. C’est la canicule. Il est un pauvre parmi les pauvres.

Il rentre dans l’eau, dans la Loire.

Il fait chaud.

Il va trop loin.

Daniel est mort, noyé.

Sous les yeux des ses proches. Sous les yeux de Camélia, sa mère.

Le même jour, d’autres pauvres parmi les pauvres se noient. Un peu plus haut sur La Loire, des somaliens.

Camélia est désormais seule.

Sans doute croyante, comme beaucoup de rroms, elle espère. Son fils ne s’est peut-être pas noyé, le choc lui a fait perdre la mémoire.

L’hypothétique dieu des chrétiens, comme celui de beaucoup d’autres, est impitoyable.

L’été passe.

Peu à peu, dans son campement de fortune, Camélia, dévastée, rongée, doit se rendre à l’évidence.

Une dernière manif, un dernier rassemblement contre une loi qui va encore rendre plus précaire les pauvres de chez les pauvres, la Loi Elan. Les M. Béchu, les M. Gillet pourront expulser plus facilement. Mais qui ça intéresse ?

Camélia est au bout. Son fils ne reviendra pas.

Elle se suicide.

À Angers, ailleurs aussi, la pauvreté tue.

Les petites bassesses tuent.

Le silence, complice, tue.

Arnaud SUD-CT Saint Barthélemy d’Anjou ; ex-membre du Collectif de Syndicalistes pour la Solidarité et l’Entr’Aide.

Si le C.S.S.E.A. n’existe plus faute de temps et d’énergie, d’autres continuent tel l’Association des Jeunes de la Roseraie ; Pas sans Nous 49, le syndicat des quartiers ; le Collectif de Soutien aux Sans-Papiers du 49 ; etc.