Quelques considérations de la section Sud Ct Saint-Barthélémy…

…sur les crises sociales et écologiques, les ordonnances, etc.

Le vol de congés prescrit sur ordonnance ! 

Mercredi 15 avril : tout en « remerciant » dans les médias les agent.e.s publics pour leur engagement dans ce qu’il qualifie de 1ère ligne face à la crise sanitaire, le gouvernement sort une ordonnance visant à leur voler des jours de congés ! Mélangeant allègrement ce que sont les RTT et les congés.
Nous constatons, ce que semble dire nos camarades de FO et de la CGT, et que ne dément pas la CFDT, que Monsieur le Maire a pris au tout début du confinement des décisions courageuses ! Les employé.e.s ne se voyaient pas sucrer les jours de congés et de RTT, y compris ceux posés et validés. Pour être honnête, nous étions même surpris !

Toujours est-il que l’ordonnance nous volant nos jours de congés fût publiée le mercredi 15 avril, la troisième réunion où les décisions municipales évoluèrent date du mardi 14 avril, soit la veille. Avant la publication de cette fumeuse ordonnance, tout un travail de lobbying y compris public, de certains regroupements de collectivités -tel France urbaine dont Angers fait partie- ; de l’Association Nationale des DRH des Grandes Villes, etc. ont fait leur travail de basse besogne libérale : faire payer les « petit-e-s », les travailleurs et travailleuses qui font tourner la machine des services publics. Le gouvernement Macron/Philippe ne fût sans doute pas bien long à convaincre. Il semble également que cette position fût partagée dans l’agglomération angevine.
Entre les notes du DGS et de la DRH de mars et les réunions du 1er, du 9 puis du 14 avril ; la position de la mairie a évolué, et ce, avant la publication de l’ordonnance. Ce n’est pas un jugement, c’est un constat.

De quoi le CODIR et les élu.e.s ont-ils peur ? Que les agents filent toutes et tous en vacances à la fin du confinement ? À croire qu’ils sous-entendent que nous perdions toutes et tous le sens du service public en ces temps si particulier. La constat est d’autant plus triste quand nous connaissons l’investissement de toutes et tous. Il suffirait comme le demande également nos camarades des autres organisations syndicales, d’élargir les possibilités pour le Compte Épargne Temps.

Désormais on nous incite à poser des jours. Incitation n’est pas obligation. Certes. Dans certains services et dans certains secteurs, ça se passe plutôt bien. Nous craignons que dans d’autres services, bien connus de la Mairie, cela risque de ne pas être de même. Nous avons même des témoignages relatant que parfois, l’incitation est présentée comme une évidence par la hiérarchie ; jouant même sur la culpabilisation. Et ce, pour des titulaires ! Nous n’imaginons même pas, ce que doivent ressentir les précaires en CDD qui espèrent leur renouvellement. Nous n’accusons pas la mairie, loin de là, mais entre le choix politique et sa mise en œuvre par toute une suite « managériale » (comme certain.e.s aiment à se nommer), la pression se fait, en général, de plus en plus forte à mesure que l’on est en bas de la pyramide hiérarchique et encore plus quand on est précaire.

Il y a fort à parier que cette possibilité n’existe que sur le papier pour tous et toutes les CDD. En sont bien évidemment exclu celles et ceux qui n’ont jamais de congés payés…

L’argent. L’ancien nouveau-monde est toujours en Marche…

Le gouvernement propose, avec le Projet de loi de finances rectificative pour 2020 de verser à certain.e.s une prime dans la « limite de 1 000 € par bénéficiaire » et « d’exonérer cette prime exceptionnelle d’impôt sur le revenu, de cotisations et contributions sociales d’origine légale ou conventionnelle, ainsi que de toutes autres cotisations et contributions dues (…) et ne sera pas pris en compte pour la détermination du revenu fiscal de référence ». Les employeurs ne versant aucune contribution non plus sur cette prime.

En gros, on continue vers ce toujours plus.

La seule récompense imaginable, c’est toujours le fric, le fric, le fric. Oui, il en faut ! Et surtout pour tout ceux et toutes celles qui tirent la langue dès le milieu de mois, y compris à St Barth. Mais défiscaliser, sans cotisation sociale, cela signifie autant d’argent qui ne rentre pas dans les caisses pour ensuite redistribuer les prestations sociales. Nous refusons cette logique individualiste.

Nous préférerions, que nos dirigeant.e.s inversent leurs processus intellectuel et décisionnel. Plutôt que de nous « punir » en nous enlevant des jours de congés ; ne serait-ils pas plus judicieux de donner des jours de repos en plus pour remercier les agents qui ont été obligé d’être au boulot en présentiel ? Et même pourquoi pas, celles et ceux qui sont en télétravail ? Ou, de faire voter une loi, ou même une ordonnance, faisant bénéficier d’heures en plus comptées dans l’annualisation ?

Comme l’affirment nos collègues de la CFDT, nous reconnaissons que la mairie semble essayer de prolonger les collègues en CDD. La collectivité pourrait ne pas le faire. Mais en l’espèce, M. Dussopt, notre Secrétaire d’État, préconisait de «les renouveler dans la mesure où les besoins existeront à l’issue de la crise épidémique. Il s’agit d’une contribution à l’effort de solidarité demandé aux employeurs publics pour éviter la création de situations précaires. Ces contrats pourront être renouvelés dans les conditions les plus simplifiées (absence d’entretien), par avenant, pour quelques mois, ou quelques semaines, pour les porter après la fin envisagée de l’état d’urgence sanitaire». Nous rappelons d’ailleurs que les décisions des ordonnances sont valable un mois après la fin de l’État d’urgence sanitaire… Nous espérons que ce sera valable aussi pour les contrats.

Pour les agent.e.s horaires/vacataires, pour elles et eux aussi il est préconisé, de la part de l’État de rémunérer ceux-ci en fonction du nombre d’heures qui auraient dues être effectuées ou de faire la moyenne des 3 derniers mois de salaire versés à l’agent.

Enfin pour la rémunération, nous citons le Ministère de l’Action et des Comptes publics : « Il est recommandé de placer les agents en autorisation spéciale d’absence (ASA) afin de maintenir leurs rémunérations en l’absence de service fait (télétravail impossible, compte tenu des fonctions exercées). Concernant les agents en congé de maladie ordinaire, le maintien du régime indemnitaire pourra être assuré, même en l’absence de délibération ».

Sur les sujets des contrats et de la rémunération, notre collectivité applique les directives gouvernementales. C’est tout à son honneur, mais rien de plus.

DE L’ART DE CACHER SES RESPONSABILITÉS 

L’art du « manager », des décideurs dans une société pyramidale comme la notre, c’est de se cacher derrière le niveau hiérarchique du-dessus…

Gageons que si nous n’y prenons garde, on voudra nous faire travailler plus. Le MEDEF et la Ministre du Travail ne disent pas autre chose quand il et elle osent dire, qu’il faudra sans doute revoir les 35 heures en travaillant plus, abandonner des jours fériés. Parions même, qu’on nous refera le coup de 2003, en disant que NOUS devons payer l’achat de masques, etc. en travaillant gratuitement une 2e ou une 3e journée. On saura et on sait nous dire qu’il faudra faire des efforts au nom d’une prétendue responsabilité ou d’une prétendue solidarité. Culpabilisation, pression, relayées dans les médias en donnant des jours de repos, en travaillant gratuitement, etc. Alors nos élu.e.s se cacheront derrière les décisions prises pour se laver les mains de leurs responsabilités.

Par contre les 25.000 morts, les vies et familles brisées par le  COVID-19 sont largement dues à l’impréparation de l’État mais aussi des collectivités.

Deux documents émanant de l’État, que nous pouvons fournir,  « Avis d’experts relatif à la stratégie de constitution d’un stock de contre-mesures médicales face à une pandémie grippale », remis en mai 2019 aux plus hautes autorités étatiques, affirme qu’en cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30% de la population. On y « parle » des fameux masque FFP2 qui manquent ; on y « parle » des fameux respirateurs qui manquent, etc.

Dans le « plan de lutte contre une pandémie grippale (rapport de 2011) » il est écrit en préface que tous ces plans de prévention et d’anticipation « intègrent une phase de préparation afin que chacun, dans son secteur de responsabilité, puisse être prêt, le jour venu, à faire face à la crise. Au-delà de l’État, le plan « Pandémie grippale » concerne l’ensemble des collectivités publiques, des professionnels de santé et des acteurs socio-économiques, qui participe de la réponse à la situation de pandémie. »

Nos collectivités, nos services de prévention, nos élu-e-s avaient donc un rôle crucial, fondamental… mais il n’est pas de petites économies. D’autant qu’il est listé, pages 12-13, « les actions permanentes » à établir. Pourquoi rien n’a été prévu dans la réalité ?

La réponse est limpide, claire : penser un autre monde est impensable avec nos technocrates qui ne connaissent le travail de gens de terrains que par le biais de tableaux informatiques, des élu.e.s « aux mains » d’un prêt-à-penser libéral pour des économies à court-terme.

Si nous constatons, qu’à Saint-Barthélemy d’Anjou, et ce avant le plan de confinement, des décisions furent prise très rapidement pour fermer les services, protéger les agent.e.s ; les réponses furent néanmoins faite, au pied-levé.

Des questions restent néanmoins en suspens. Où était le plan pandémie grippale ? Où était les stocks de masques à l’échelle de l’agglomération ?  Nous recevons parfois dans nos collectivités des notes nous expliquant comment sortir d’un véhicule, comment faire du vélo, mais rien, sur le virus qui gagnait le monde et se propageait. Pourquoi ?

Pour un monde « d’après », écologique, social et solidaire

Que les élu.e.s ne sont pas, en tant qu’individu, responsable de la pandémie, c’est une évidence. Le système libéral lui, est un élément non négligeable de la naissance des pandémies ou qui auraient pu le devenir (Ebola, SRAS, Mers…) avec la destruction des écosystèmes ; la proximité toujours plus grandes des humains qui empiètent sur le monde animal. Le Covid-19 a exactement cette origine. 

Par un relent raciste de bas étage, certain-e-s accusent les « chinois ». N’est ce pas oublier notre système industriel de production de nourriture, « bien de chez-nous » ? N’est ce pas oublier un peu vite la vache folle ; la grippe aviaire ; la peste porcine ? Les OGM ? L’artificialisation des terres agricoles ? La production intensive pour le maïs ou le blé ? Même l’eau potable est polluée par des résidus cosmétiques, chimiques. N’oublions pas les nitrates qui donnent cette jolie couleur verte aux plages. Les algues bleues dans des lacs, rivières et fleuves du département ? Les pesticides et autres perturbateurs endocriniens sources de tant de maladies. Des mairies parfois, tentent de s’y opposer, parfois plus-ou-moins symboliquement. Ce n’est souvent que de la façade.

Changer de modèle social écologique est nécessaire à notre échelle.

Contre le tout-bagnole, créer des infrastructures cyclables (ponts de franchissement, routes cyclistes, …) ; repenser le système des primes individuelles et incitatives aux déplacements doux ; puisque la mairie aime les moutons, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique et faire une ferme municipale qui produirait de la nourriture pour les cantines locales ? Certaines communes visent l’autonomie énergétique et alimentaire, et nous ? Plutôt que faire semblant dans nos entretiens individuels (refait pour le CIA), en nous demandant des pseudo projets qui ne seront jamais validé ; pourquoi ne pas demander aux agents quelles remédiations et quels projet collectifs locaux dans nos postes respectifs, nous pourrions imaginer et créer pour une société moins polluante ? Et pour une fois, ce serait nous écouter et nous laisser concevoir des projets par celles et ceux d’en-bas. SUD CT est un syndicat qui se revendique alternatif, de base mais aussi de classe. C’est à dire que c’est par l’intelligence collective de celles et ceux qui produisent et de leurs représentant.e.s, d’essayer de déterminer comment on doit les produire les richesses sociales

Sortir par le haut. Exemplarité des élu.e.s ! Arrêt de la destruction du service public !

Nombre de politiques estiment qu’il faut changer de logiciel de réflexion. Ça fait bien dans la presse. Ça fait bien, dans les prospectus électoraux. Cependant, nous le voyons l’ancien nouveau monde libéral, réfléchit et continue de le faire partout de la même façon. Les mêmes recettes sont à l’œuvre pour nous faire retourner travailler rapidement et produire toujours plus…

Plutôt que de faire de petites économies sur nos salaires et nous demander des efforts, entendons-nous un.e seul.e élu.e local, d’Angers Loire Métropole, départemental, régional ou national annoncer fièrement que lui ou elle aussi va renoncer à ses indemnités d’élu.e.s ? À notre petite échelle locale, entre indemnités d’élu.e.s, d’adjoint.e.s ou de M. le Maire ce serait plusieurs milliers d’euros d’espèces sonnantes et trébuchantes qui ne sortiraient pas des caisses. Les petites rivières faisant les grands fleuves, cette somme se chiffrerait en dizaine voire centaine de milliers d’euros pas mois à l’échelle d’Angers Loire Métropole avec les indemnités de M. Béchu, des membres du Bureau permanent, des vice président.e.s, de tous les élu.e.s.  Le sens de l’exemplarité ne devrait-il pas être la panacée de celles et ceux exerçant le pouvoir et surtout qui ont choisi de le faire ?
Nous, en tant que travailleurs et travailleuses titulaires ou précaires, en tant que salarié.e.s, nous vendons notre force de travail. Mais surtout, dans cette société, n’attendons-nous pas l’exemple d’en haut ? Nous oui. Et si ce choix local porté à notre échelle, servant d’exemple était élargi à une échelle nationale ou européenne, même temporairement, combien de millions seraient disponible ?

Nous le savons toutes et tous, l’État et les libéraux, au nom de la privatisation des bénéfices et de la collectivisation de ce qui ne peut l’être ; détruisent et continuent à vouloir détruire nos services publics, détruisent les organismes sociaux …

Par exemple, les précédents gouvernements comme l’actuel ont réduit le nombre de lits dans les hôpitaux, détruisent la Sécu en privilégiant les mutuelles privées, détruisent la retraite, etc.

Pour cela, divers moyens sont à l’œuvre dans les services publics : Partenariat Public-Privé, Délégation de Service Public, privatisation pure, mutualisation, non-renouvellement de départ des agents en retraite, etc.

À St Barth, le nombre d’heures complémentaires, lui, augmente sans arrêt, signe non-négligeable d’une précarisation toujours plus grande. Cette crise ne serait-elle pas l’occasion de remettre notre service public en état de marche ? Pour nous oui.

Ainsi, combien d’agents de nettoyage, surtout des femmes, sont en situation de grande précarité et doivent travailler par ailleurs ? Combien d’agents en CDD attendent depuis de longs mois une titularisation ? Mais on les balade d’excuses en jolis mots de patience. Ces mots sont une malédiction, donnant sans doute bonne conscience à celles et ceux qui les prononcent et qui y croient. Mais ces mots ne donnent pas un meilleur salaire permettant de mieux vivre. Les mots ne payent pas de « cotisations » servant à la Société. Les mots ne nous permettent pas de nous projeter dans l’avenir et de construire une vie. À force de mots, nous connaissons de nombreux et nombreuses collègues de St Barth qui ne pensent qu’à partir, emportant avec eux leurs compétences et une petite part de l’histoire, des connaissances locale.

C’est l’occasion pour la mairie de titulariser tous ceux et celles qui font tourner « la maison ». De demander au CDG 49 et à la CAP C de se bouger et de se réunir en urgence, même en visioconférence, pour titulariser nos collègues. D’augmenter les heures des contrats de nombreux agent.e.s, pour celles et ceux qui le souhaitent, car la pandémie n’est pas prête de s’arrêter. Il va falloir non seulement toujours nettoyer nos bâtiments mais aussi les désinfecter. C’est aussi à notre échelle que nous pouvons arrêter cette saloperie.

À SUD CT, nous pensons que la mairie, doit se donner les moyens humains. 

SUD CT : sud-ct-saint-barth@riseup.net

 

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